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Par : Tanguy2
Publié : 25 octobre 2009

On y va !

L’attention des élèves est attirée sur une seule contrainte : "J’écris sans faute" . Cette contrainte, doit être rappelée continuellement, en particulier les premières semaines. Elle doit être perçue comme "J’écris à mon niveau, avec toutes les aides possibles, mais je suis sûr(e) que mon texte ne contiendra pas d’erreurs syntaxiques (phrases oralement incorrectes surtout) ni orthographiques lorsque je la donnerai au maître".

C’est un plaisir de voir la tête d’un élève lorsqu’on lui dit qu’il pourra demander tout ce qu’il veut. Mais cela ne signifie pas que le texte sera écrit sans fautes, surtout durant les premières semaines, cela dépend des élèves. De nombreux élèves parmi les plus en difficultés s’approprieront d’ailleurs très vite la contrainte.Plus vite que d’autres moins fragiles.

Concrètement le texte quotidien correspond à une feuille blanche (format A5 par exemple). La consigne est expliquée oralement et/ou par écrit. Le texte à écrire est issu d’une progression rigoureuse (voir la rubrique "Et ça progresse ?"). Les premiers textes sont des phrases simples , seules, ou des séries de verbes à l’infinitif pour asseoir ce concept d’infinitif.

La conception de cette progression est d’ailleurs la principale tâche de l’enseignant, car il n’y a pas de correction.

Forcément, puisque les textes sont rendus sans fautes.

La démarche s’apparente à la dictée à l’adulte en maternelle, puis à la production d’écrits "assistée" au CP , activité où le recours au maître doit devenir de moins en moins fréquent tout au long de l’année.

Et si un texte est rendu avec des erreurs ?
(Ce qui arrive au début de l’année, et pendant des semaines ou quelques mois encore pour certains)...

Si un texte est rendu avec des erreurs, il est écarté, oublié , et l’on demande à l’élève d’écrire "plus simple", et en ré-insistant sur l’usage des outils et sur la réflexion personnelle (Est-ce que je sais ou non écrire ce mot, en suis-je vraiment sûr ?).

Le texte n’est pas corrigé par l’élève mais recommencé. Un tableau récapitulatif affiché en classe permet de voir les productions de la semaine manquantes pour chaque élève, à reprendre à zéro ou à poursuivre, par exemple lorsqu’il dispose de temps.

Les textes rendus sont "validés" par un coup de tampon dateur et rejoignent les précédents, qui forment un livret relié en fin de période.Ce livret est transmis aux familles en tant que "cahier de français".(La lecture et certains exercices de vocabulaire se trouvent par contre dans un autre cahier) .Ce livret s’appelle dans notre classe "J’écris sans faute".

LES OUTILS :

-Le maître ou la maîtresse : il doit être disponible pour répondre aux demandes, même si pour l’orthographe d’usage il renvoie assez vite vers le dictionnaire. Son aide est essentielle suivant les élèves pour : valider une phrase oralisée comme "correcte", les homophones , les fins de verbes ou participes passés non étudiés.Les élèves doivent en particulier penser à demander systématiquement la fin d’un verbe en [é], avant que le présent et les temps composées n’aient été abordés dans les écrits de la progression.

-Le dictionnaire justement : il reste toujours sur la table.

-le sous-main : il sert de guide pour écrire par transparence sur des lignes, mais aussi d’aide mémoire individualisé pour les oublis récurrents d’un élève.Le sous-main de Charlotte (virtuelle !), droitière ici, peut se présenter ainsi sur une feuille A4 -Bristol plastifié, annotations au feutre indélébile :

GIF

-le carnet de vocabulaire : rempli ensemble (pages : mots ou expression indiquant le temps, sentiments, véhicules, mammifères, personnages de contes, etc...) (les élèves aiment bien l’utiliser en général, il faut cependant souvent leur rappeler qu’il existe).

-les affichages et le cahier de "leçons", même si par expérience ils ne sont pas beaucoup consultés...Il n’y a pas d’ailleurs de "leçons" à apprendre, bien sûr...Laissons cela au collège , au lycée ou à l’université ! Appelons-le cahier de traces écrites ?

...et la dictée rapide.. Il s’agit d’un entraînement quotidien à douter ou faire le point sur "ce que je sais , ce que je ne sais pas, ce dont je doute". La dictée rapide est essentielle pour acquérir une autre attitude par rapport à l’écrit, en tant que réflexe. J’ai cru pouvoir en faire l’économie une année, et me contenter de quelques unes seulement en septembre. J’ai tellement eu "tout faux" qu’une rubrique y est consacrée un peu plus loin. Ce réflexe une fois acquis ralentit les élèves dans l’écriture (surtout dans les écrits à fortes connotation affective), permet de prendre son temps, et rassure les plus fragiles.

Dernier point : pour que les écrits restent personnels donc marquants, j’ai pris le parti de ne jamais chercher à les améliorer en cours de rédaction. Pas de "tu aurais pu dire comme ça...tu devrais utiliser ce mot..."

Non, le dernier point est celui-ci : Les écrits sont tapés parfois, mais plus rarement, directement sur le site de l’école ou en traitement de texte. Lorsque cela est possible dans l’année, le traitement de texte présente un avantage majeur : on peut continuer à taper son texte en attendant que le maître soit disponible.

Allez, encore un dernier point : Des feuilles blanches avec une image collée sont à disposition des élèves pour inventer une histoire, ou un début d’histoire -sans faute !- si ils en ont le temps et l’envie.