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Par : Tanguy2
Publié : 13 novembre 2009

Oui, pourquoi ?

Quelques constats que vous partagerez peut-être...?

- Le français écrit est une langue particulièrement difficile...

- Une majorité d’élèves est fragile lorsqu’il s’agit de produire un écrit...

- Le transfert des connaissances pose plus de problèmes que l’acquisition de ces connaissances...

- On apprend efficacement quand on perçoit le sens de ce que l’on apprend...

- On apprend efficacement quand on perçoit l’utilité de ce que l’on apprend...

- Plus on "saucissonne" , plus on a du mal à rassembler les rondelles...

- La conjugaison, l’orthographe, la grammaire ne servent pas à autre chose qu’à parler et surtout à écrire des textes. (un peu à lire également quand elles donnent des indications non perçues à l’oral)...

- Un élève ne se sert que très peu des schémas déductifs que l’école fournit à travers des leçons à retenir...

Exemple :

"J’ai besoin d’ écrire "il finit". J’identifie le temps, c’est du présent. J’ai appris ma leçon sur le présent de l’indicatif, je cherche et je trouve qu’il s’agit du verbe finir, que j’identifie comme étant du 2e groupe, conjugué à la 3e personne du singulier, donc je dois mettre un T à la fin"...

Est-ce qu’on apprend vraiment de cette manière ?

On rencontre souvent des élèves qui oublieront le T ou le remplaceront par autre chose, parce qu’ils ne se sont pas posé de question, parce qu’ils ont essayé mais n’ont guère de motivation pour le faire avant chaque mot important d’un texte , parce qu’ils se perdent dans les temps, groupes, personnes, natures des mots...

D’autres écrivent correctement la terminaison, peut-être de manière intuitive (c’est le cas pour les élèves dits "scolaires" et dotés d’une bonne mémoire visuelle), peut-être en se référant à un modèle personnel.Pour les uns comme pour les autres, la démarche déductive n’a guère de raison d’être, sauf de synthétiser à un moment donné ce que l’on a découvert et appris en classe.

Tous les élèves de cycle 3 savent, il suffit de leur demander, qu’on met un S à la plupart des noms au pluriel. Mais tous quasiment, régulièrement ou parfois, l’oublient en écrivant. Pourtant il s’agit d’une règle simple.

Produire un écrit (comme lire ou construire un raisonnement) est une démarche individuelle. C’est en écrivant qu’un élève est confronté à ses difficultés, qui ne seront pas les mêmes pour le voisin. Et c’est en écrivant qu’un élève pourra s’appuyer sur ce qu’il sait, à condition d’en être conscient. Donc si un élève est capable de repérer seul ce qui lui pose problème , il pourra alors se diriger vers un outil approprié pour se faire aider.

En situation de production de texte, il est décisif que l’élève puisse choisir entre les deux procédures et s’appuyer soit sur ses acquis définitifs, soit sur un répertoire. Il faut, en quelque sorte, le conduire à avoir une conscience claire de ce qu’il ne sait pas. Il est tout aussi important qu’il se pose des "problèmes d’orthographe" et qu’il réfléchisse à haute voix sur la manière dont on peut orthographier un mot.(extrait des indications contenues dans les programmes 2002, BO 14.02.2002, Cycle 2)

Cette conscience claire de ce que l’on sait ou ne sait pas n’existe que très rarement chez les élèves du Cycle 3. Il en résulte beaucoup d’aléatoire, surtout si l’habitude est entretenue d’aller faire corriger son texte, ce qui permet d’écrire sans trop de rigueur plutôt que de chercher une solution.

On peut se demander ce qui se passe dans la tête d’un élève en difficulté face à l’écrit, qui retourne à sa place avec son cahier rempli d’annotations rouges (tant syntaxiques, orthographiques, grammaticales..) ; peut-être cela l’aidera à corriger certaines erreurs. Mais qu’en restera-t-il lors du prochain écrit ? Gardera-t-il le mot erroné ou le mot corrigé en mémoire ?

Le fait de placer la production d’écrit dans un autre contexte peut changer l’attitude de l’élève face à la langue écrite, à condition que la seule exigence ne soit pas d’appliquer les règles apprises, mais d’écrire un texte personnel , en fonction de ses bases solides propres, sans faute dès le premier jet.

Cela suppose que l’élève doit avoir à sa disposition les aides nécessaires, faciles d’accès. A lui d’être actif et d’identifier, seul, ce qu’il sait ou ne sait pas ou ce dont il doute. Il s’agit (à mon avis, mais on peut ne pas être d’accord !) du préalable à la construction de bases solides et individuelles sur lesquelles il pourra s’appuyer ensuite.